Dans un de mes billets précédents, je vous parlais du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée,  leur combat pour les droits des filles, la lutte contre les mariages précoces et les mutilations génitales féminines. Cette nouvelle année 2020 comme celle écoulée verra également naître des actions concrètes et considérables pour le respect des droits des filles avec le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée.

Quand je parle du Forum Africain de la Jeune Fille qui va se dérouler du 05 au 07 mars 2020 en Guinée sur la thématique générale des Violences Basées sur le Genre (VBG), qu’est-ce que cela évoque pour vous ? Une rencontre de plus ? Encore des tables carrées, rondes, arrondies, des bouteilles d’eau et des vestes qui se réuniront sans de vraies résolutions pour l’avancement des droits de filles ? Des discours, des propos élogieux, des fichiers de taille qui ne se concrétisent quasiment pas en actions sur le terrain au profit des jeunes filles ?

Le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, en initiant le FAJEF (Forum Africain de la Jeune Fille) qui est un rendez-vous continental, reconnaît la portée des actions menées par diverses parties prenantes pour la lutte contre les violences faites aux filles. Le club réalise aussi que ces actions souvent éparses ne favorisent pas une lutte concluante et fragilisent les avancées. « Les violences faites aux filles et aux femmes persistent et sévissent faute de synergie d’actions des acteurs qui interviennent dans ce domaine » souligne le manifeste du Forum Africain de la Jeune Fille.

Il est alors apparu capital et important de créer une plateforme pour regrouper les parties prenantes et réfléchir sur comment agir ensemble. Cette ambition ne pouvait qu’être la bienvenue. Je pense que dans toutes les luttes, une synergie d’action a toujours produit l’effet boule de neige. Pour de grands combats comme la lutte contre les inégalités, les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, AGIR ENSEMBLE avec de fortes coalitions, solides et collectives serait un levier.

Le Forum Africain de la Jeune Fille en Guinée embrase donc cette vision. L’objectif de cet évènement est de créer un espace permanent de concertation entre les acteurs socio-politiques évoluant dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre et la promotion des droits des filles en Guinée. Il est question de mettre en place un espace pluriel et diversifié de réflexion, de concertation, d’expression et proposition de solutions entre ces acteurs.

De façon spécifique, ce forum vise à engager un débat constructif sur les VBG en Guinée, dresser une analyse objective de la situation des VBG en Guinée et en Afrique pour des défis à relever et proposer des pistes de réseautage entre les acteurs intervenant sur les questions de VBG. Il s’agit d’amener les acteurs à travers des engagements forts à travailler sur un concept pour éradiquer ce phénomène ensemble. Le forum a aussi pour objectif de créer un espace de discussion pour les femmes et filles des secteurs informels pour un partage d’expérience afin de favoriser une inclusion, élaborer un document de plaidoyer avec des recommandations à destination des décideurs et partenaires techniques et financiers.

Dans ce cadre de concertation et d’agir ensemble que le forum vise à créer, nous avons les jeunes filles et femmes Africaines, les organisations de défense des droits humains, les réseaux d’organisations féminines, les centres d’éducation publics et privés, les leaders religieux, les organisations de la société civile. Il y a aussi les leaders politiques, les communicateurs traditionnels, les femmes faisant la pratique de l’excision, les professionnels des questions de VBG, les institutions internationales, les partenaires techniques et financiers.

Les thèmes qui vont meubler les travaux sont le rôle des jeunes et des autorités politiques dans la lutte contre le mariage d’enfants, la position des religieux dans la lutte contre le mariage des enfants. Des panels de discussions et de réflexions seront animés lors de ce forum.

Ce forum s’ouvre en Guinée dans un contexte où la Guinée est l’un des pays les plus touché par l’excision avec un taux de 97 %.