Pensez-vous avoir un rôle à jouer dans la protection des enfants contre toutes formes de violences ? Pour vous, la protection des enfants ou la défense de leurs droits relève uniquement des fonctions d’un Etat ? Ma foi, nous allons de nouveau apprendre ensemble.

Hi ! Someone to explain to me what child protection is ? Absolutely.

L’UNICEF définit la protection des enfants comme la prévention et la lutte contre la violence. Il s’agit de :

-L’exploitation et les mauvais traitements infligés aux enfants

-L’exploitation sexuelle à des fins commerciales, la traite et le travail des enfants

-Les pratiques traditionnelles préjudiciables, comme les mutilations génitales féminines/ l’excision et le mariage des enfants.

J’ajouterai que les enfants sont protégés lorsque leurs droits sont respectés. La convention relative aux droits des enfants a été adoptée il y a trente (30) ans « #30ansCIDE » pour protéger les enfants, mettre en avant leurs intérêts et faire en sorte que les enfants grandissent dans un cadre sain et sûr, aient l’accès à l’éducation et soient épanouis.

Ainsi, dès lors qu’un des droits des enfants se retrouve bafoué, c’est qu’il y a un problème et on ne peut plus parler de protection assurée pour les enfants.

La violence poursuit partout les enfants.

La protection des enfants est défi permanent. Chaque seconde, chaque minute, chaque heure, dans le monde un enfant est frappé par une violence. Voici l’état des lieux fait par l’Unicef.

Violence domestique pendant la petite enfance.

  • Trois quarts (environ 300 millions) des enfants âgés de 2 à 4 ans à travers le monde sont victimes d’agressions psychologiques et/ou de punitions physiques au sein même de leur foyer, de la part des personnes qui s’occupent d’eux.
  • Près de six enfants sur dix âgés de 12 mois dans 30 pays disposant de données sur le sujet sont régulièrement victimes de discipline violente. Pour presqu’un quart des enfants de cet âge, la punition consiste à se faire secouer et près d’un sur dix est giflé ou frappé au visage, à la tête ou aux oreilles.
  • Dans le monde, un enfant de moins de 5 ans sur quatre vit avec une mère victime de violence de la part de son partenaire intime.

Violence sexuelle envers les filles et les garçons.

  • À travers le monde, environ 15 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi des rapports ou autres actes sexuels forcés au cours de leur vie.
  •  Seul 1 % des adolescentes victimes de violences sexuelles a sollicité l’aide de professionnels.
  •  En moyenne, dans les 28 pays disposant de données sur le sujet, 90 % des adolescentes ayant subi des rapports sexuels forcés ont déclaré que l’auteur du premier incident était une personne qu’elles connaissaient. D’après des données émanant de six pays, les amis et les camarades de classe ainsi que les partenaires figurent parmi les auteurs les plus fréquemment signalés de violences sexuelles contre les garçons adolescents.

Morts violentes parmi les adolescents.

Quelque part dans le monde, toutes les sept minutes, un adolescent est tué par un acte violent.

Violence à l’école.

La moitié (732 millions) des enfants en âge d’être scolarisés vit dans un pays où les châtiments corporels à l’école ne sont pas totalement interdits.

Au Bénin, les enfants en proie à des pratiques néfastes

Le taux national du travail des enfants est passé de 34% en 2008 selon l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants à 52,5% en 2014 selon l’enquête MICS. S’agissant de l’enregistrement des naissances, on estime que huit enfants sur 10 sont enregistrés à la naissance mais de gros efforts restent à fournir pour le retrait des actes de naissances par les parents. Concernant le mariage des enfants, une fille sur 10 est mariée avant 15 ans et trois filles sur 10 avant 18 ans.

Nous voyons. Nous dépassons. C’est toujours la faute des autres, la société.

Nous sommes en 2019.

Une petite fille est violée par un adulte. Un petit garçon est violemment battu par des gens âgés. Des enfants sont délaissés, attristés et souffrent. Des enfants sans repères, qui ne savent que faire.

Nous sommes en 2019.

Des grandes personnes disent :

« Ça n’arrive qu’aux filles de son genre, inconscientes et dévergondées. Ce n’est pas ma fille, pas ma sœur, pas ma cousine ».

Ou : « Ce garçon mérite d’être sauvagement frappé. Il est têtu, impoli, irrespectueux. Il n’est pas de ma famille ».

Ou encore : « C’est le rôle de l’Etat de les protéger. Que les autorités en charge de la protection des enfants prennent leurs responsabilités ».  

Abstenez-vous ! N’allez pas croire ! Ce sont juste des dires. Pas la réalité ! 

Chez moi, on dit souvent qu’un enfant est un don du ciel, un arc en ciel. Dans nos maisons, on dit qu’un enfant est une fleur, une lumière. Pour les autorités, un enfant représente l’avenir de la nation, le meilleur lendemain.

Pffff…

En réalité, la valeur accordée à l’enfant avec les mots, sur les papiers, dans les chansons diffère littéralement de la valeur qu’on lui accorde en vrai.

Des zombies qui hantent l’existence des enfants !

Si réellement, pour nous, l’enfant représente un meilleur lendemain, comment expliquez-vous le silence des personnes face aux :  

-Enfants bien nés mais prédestinés à une vie remplie de haine et de souffrance

-Enfants promis à un environnement d’insécurité et de pauvreté extrêmes

-Enfants sans éducation abandonnés dans la rue, devenus des souffre douleurs

Les grands devenus des fantômes derrière les petits !

Les protecteurs des enfants mangent à leur faim et boivent du vin. Pendant que les enfants meurent de faim, se tordent de douleurs à la recherche du pain.

Nous allons au sport, nous dansons, chantons, sautons. Pendant que des enfants sont maltraités, ligotés et frappés dans les foyers. J’ai bien envie de nous raconter l’histoire des filles données en mariage précoce. Les vécus de ces enfants qui croupissent en transportant des briques sur les chantiers.

Ces enfants maigres, dépourvus de force qui crient au secours sans que personne ne vienne à la rescousse. Je brûle d’une envie de nous compter toutes ces horreurs que nous avons jetées sur les enfants.

Silence…

Les enfants ne pardonneront point notre inaction.

Face à toutes ces violences, ce que j’estime être le plus grave c’est le silence des grandes personnes. Pendant que des enfants croupissent.

Nous n’essayons parfois rien avant de réaliser que c’est difficile. Au contraire, nous enfonçons davantage les enfants :

  • Des parents préfèrent le règlement à l’amiable pour couvrir un adulte qui a violé une petite fille.
  • Poursuites engagées contre les agresseurs sexuels qui n’aboutissent point.
  • Petites filles harcelées qui dénoncent mais que personne n’écoute.
  • Enfants envoyés au marché pour vendre au lieu d’être à l’école.

Ils réaliseront notre trahison et ce sera trop tard pour une deuxième chance.

Les enfants ne resterons pas indéfiniment naïfs. Un beau jour, ils nous dirons :

« Vous étiez là. Vous n’avez rien fait. La souffrance des générations pèsera tellement fort sur votre conscience. »

A ce moment précis, nous décourons que notre vie n’a servi en rien l’humanité. Nous donnerons tout pour remonter le temps. Mais seuls les regrets feront nos quotidiens.

Chanceline MEVOWANOU.