Tout a commencé par une curiosité, une envie de comprendre.

Dans mon village (Avrankou) où j’ai grandi, il était fréquent d’apprendre qu’une fille de 14ans, de 15ans ou de 16ans est tombée précocement enceinte avant même de franchir la classe de 3e

Pourquoi tombaient-elles enceinte sans le vouloir pourtant ? 

Je me posais souvent cette question.

Puis en classe de Première en 2013, j’ai eu l’opportunité d’être sélectionnée boursière du Programme Américain Corps de la Paix (Peace Corps) au Bénin. Les formations et les échanges auxquels j’ai participé dans le cadre de ce programme m’ont apporté une réponse. 

Ces filles tombaient si précocement enceinte parce qu’elles ne sont pas mieux informées sur les changements qui s’opéraient sur leurs corps, sur comment faire face à ces modifications et surtout que retenir de ce que disent les parents, le professeur, les amis à l’école, les semblables du quartier…

Mon engagement est né de cette désillusion.

Les adolescentes de mon village ne tombaient pas enceinte parce qu’elles étaient inconscientes, ou sans pudeur comme le pensaient les gens. Elles n’avaient tout simplement pas les bonnes et vraies informations sur leur sexualité et ne savaient pas comment faire des choix sains.

Nonobstant, elles sont les premières à être insultées, discriminées, dévalorisées, données en mariage précoce, contraintes de subir.

 Pendant longtemps, j’ai été une révoltée silencieuse.

Après l’obtention de mon BAC en 2014, je me suis faite la promesse de m’outiller davantage et de revenir au village pour aider, informer et lutter contre cette ignorance qui nuisait et continue de nuire à l’épanouissement des filles.

De 2014 à aujourd’hui, des choses ont changé, des objectifs atteints. Mais encore des combats à livrer.

Entre 2015 et 2016, parallèlement à mes études universitaires, j’ai suivi une formation en journalisme (presse écrite et audio) au sein du journal « Le Héraut » et au sein de « Radio Univers » à l’Université d’Abomey-Calavi.

En 2017, j’ai été retenue comme pigiste au Programme Santé des jeunes  Amour&Vie de l’Association Béninoise pour le Marketing Social et la communication pour la santé.

Mon expérience au sein du programme Amour et Vie a été unique aux côtés de beaucoup d’autres jeunes engagés et motivés.  A travers des formations, j’ai appris des notions sur la santé sexuelle, la reproduction, les droits sexuels, l’éducation complète à la sexualité, l’approche transformative du genre, la contraception et sur beaucoup d’autres thématiques. J’ai appris comment on anime une session de communication sur ces différents thèmes avec les jeunes en utilisant une approche ouverte et positive, sans jugements et j’ai amélioré mes animations à l’antenne grâce à des techniques novatrices apprises.

En 2018, j’étais prête.

Prête pour véritablement faire ce pourquoi j’étais partie à la quête de la connaissance.

Pendant les vacances scolaires en août 2018, j’ai organisé avec deux autres jeunes femmes béninoises à mon initiative, un programme intitulé « Vacances saines et positives sans grossesses précoces » au profit d’une trentaine d’élèves filles et garçons pour les informer sur la prévention des grossesses précoces en milieu scolaire et des violences faites aux enfants à AVRANKOU.

Par la suite, des actions se sont multipliées.

J’ai participé à un atelier de production artistique avec le ministère en charge des affaires sociales et UNICEF Benin sur les violences faites aux enfants notamment les mariages précoces. Cet atelier a abouti à la création des spectacles de slam et de théâtre en langues nationales béninoises pour la lutte contre les mariages précoces dans le cadre de la Campagne Tolérance Zéro.

Dans le cadre de l’initiative « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux filles et aux femmes », j’ai organisé des causeries et débats sur la masculinité positive et l’approche transformative du genre pour ressortir les rôles et les implications des garçons dans la lutte contre les violences faites aux filles.

Académie des Jeunes Filles Leaders du Bénin.

Depuis février 2019, je coordonne la mise en œuvre dans deux localités rurales du Bénin, un programme de formation et d’assistance des filles intitulé Académie des Jeunes Filles Leaders. A travers ce programme je veux contribuer à bâtir une génération de jeunes filles actrices de développement. Des filles ayant le sens de la dignité, le droit de faire et de déterminer leurs choix, le droit d’avoir accès aux ressources et aux opportunités, le droit d’avoir le contrôle sur leur propre vie et la capacité d’influencer le changement social, des filles capables de réfléchir par elles-mêmes, de raisonner par elles-mêmes et de prendre des décisions par elles-mêmes. Dans le cadre de ce programme, chaque semaine, je vais à la rencontre des filles dans les milieux ruraux du Bénin.

Mes collaborations.

J’ai commencé à collaborer avec UNICEF Benin et UNICEF France,  pour défendre la cause des enfants et des filles. Je suis intervenue sur des émissions pour parler et défendre les droits des filles en danger dans nos communautés à cause des mariages précoces.

J’ai porté la voix des jeunes filles béninoises à l’Assemblée Nationale Française et au Sénat Français à l’occasion de la Journée internationale de la fille en octobre 2018.

En mai 2019, j’ai participé au sommet Women7 qui est un rassemblement des féministes du monde pour un G7 contre les inégalités liées aux sexes.

Je suis invitée sur des conférences, des panels pour parler de la prévention des grossesses précoces, des mariages précoces et défendre les droits des filles.

J’ai rencontré et discuté avec  plusieurs autres activistes africaines et des personnalités, des députés français, des sénateurs et des ministres. J’ai partagé des tables rondes avec Mylène Flicka du Bénin, j’ai discuté avec Hadja Idrissa Bah de la Guinée.

J’ai même vu et pris une photo avec Marlène Schiappa.😇

Son boulot c’est être activiste ? 

Un jour, quelqu’un m’a demandé, je cite : l’activisme est un boulot ? 

Je lui ai dit que l’activisme c’est une volonté d’aider l’humanité. C’est un combat que l’on porte, une mission que l’on s’assigne, une passion que l’on habite pour apporter des changements positifs dans la communauté. J’ai ajouté que l’on est activiste pour défendre des causes qui nous tiennent à cœur, des problèmes dont la résolution pourrait nous apporter une paix avec nous même, une harmonie intérieure, un bien-être psychologique que même un boulot pourrait ne pas nous procurer.

L’activisme n’est pas un travail pour lequel l’on a un CDI qui alimente régulièrement les nombreuses cartes de crédit. Mais il nourrit son Homme. Ce repas de l’âme, cette couverture de l’esprit, cet apaisement inexplicable que l’on ressent, cette sensation de vie, ce soupir que les pièces sonnantes ne pourront marchander, ce regard d’accomplissement, ce petit doigt qui vous mijote que vous avez fait quelque chose de grand en apportant votre contribution,  ce sommeil réparateur que vous avez après chaque action salvatrice, cette condition pacifique qui vous habite.

Je suis Chanceline Gwladys Wangninan Mevowanou.

Les gens disent que je suis activiste engagée pour les droits des enfants spécifiquement les filles, pour la lutte contre les mariages des enfants et la prévention des grossesses précoces en milieu scolaire.

Tout ce que je fais c’est motiver des changements positifs dans ma communauté. 

J’ai fait des Etudes universitaires en sciences de l’information et de la communication. Je suis née le 04 septembre 1997. Béninoise, je suis originaire d’Avrankou dans le département de l’Ouémé. Je viens d’une famille modeste dont je suis la cadette. Je parle le Français, le Goun, le Fon. Parler couramment l’anglais un jour est un défi pour moi. Alors au quotidien, j’apprends la langue de Shakespeare.

Je rêve de devenir spécialiste en communication pour le développement et gestionnaire de projets. J’aime beaucoup les aventures et les voyages. Mais j’ai un mal de l’air passif. Ça veut dire que je ne vais pas jusqu’aux vomissements mais des vertiges, des maux de têtes, oui. De toute façon, j’arrive à survivre. Super à l’aise avec les vélos, les voitures, le train, le métro. J’aime l’amour. Par contre je ne sais pas si l’amour m’aime. Je ne suis pas boulimique mais j’aime beaucoup manger. Le riz, l’akassa, la pâte, le sauce légumes, et la sauce graine. Je ne suis pas sportive. Toutefois,  j’arrive à tenir la fréquence d’une séance en salle de gym par semaine.

Je reste convaincue que les jeunes ont une contribution importante à apporter dans la construction d’une société plus juste, basée sur de la justice, l’égalité des chances et le respect des droits de tous.

Partout, je lève ma voix pour les droits des filles parce que pour moi, chaque jeune fille représente une promesse d’avenir.

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